Il y a des collections qui attirent le regard, et d’autres qui donnent envie de regarder les vêtements autrement. Chez UJOH, c’est souvent cette deuxième sensation qui m’intéresse.

À Paris, pour le Printemps-Été 2027, Mitsuru et Aco Nishizaki continuent d’explorer ce qui fait l’identité de la maison : un tailoring précis, mais jamais figé, des silhouettes qui se déstructurent et cette façon de bousculer les codes sans en faire trop.
Ce que j’aime chez UJOH, c’est justement cette subtilité. Rien ne semble tout à fait à sa place, et pourtant, tout fonctionne. Une veste perd sa forme habituelle, une coupe s’ouvre, une asymétrie vient perturber l’équilibre. Le denim rencontre le tailoring, le workwear dialogue avec des lignes plus sophistiquées. Le vêtement se transforme, mais ne perd jamais son allure.
J’ai toujours trouvé intéressant ce moment où un créateur réussit à nous faire oublier ce que nous croyions connaître d’une pièce. Ici, une veste n’est plus simplement une veste, le denim dépasse son côté utilitaire et le costume s’autorise une certaine liberté. Il y a quelque chose de très vivant dans cette manière de déconstruire pour mieux reconstruire.
Derrière cette approche, je retrouve aussi une sensibilité japonaise qui me plaît particulièrement : le goût du détail, la précision des coupes et cette recherche d’équilibre entre rigueur et spontanéité.
Au fond, UJOH ne cherche pas à imposer une silhouette idéale. La maison préfère explorer les possibilités du vêtement, jouer avec ses limites et nous laisser apprécier ce qui échappe aux conventions.
Et c’est peut-être ce que je retiens de ce défilé